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Les différentes retouches possibles après une chirurgie cristallinienne
La chirurgie cristallinienne (chirurgie de la cataracte ou remplacement du cristallin par un implant) donne le plus souvent un excellent résultat visuel. Pourtant, malgré une planification précise, il peut persister un inconfort ou un “petit décalage” par rapport à l’objectif initial : légère myopie résiduelle, astigmatisme, gêne nocturne, baisse progressive de la netteté, etc.
Dans ces situations, des retouches (ou procédures complémentaires) existent. Elles ne signifient pas que la chirurgie a “raté” : elles font partie de l’arsenal moderne pour optimiser la vision et adapter le résultat au vécu du patient.
Pourquoi une retouche peut-elle être nécessaire ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer un résultat perfectible :
- Ametropie résiduelle : un reste de myopie, d’hypermétropie ou d’astigmatisme après l’opération.
- Cicatrisation et facteurs biologiques : variation de la cornée, sécheresse oculaire, fluctuations de la réfraction.
- Position de l’implant : rotation d’un implant torique, centrage, stabilité.
- Opacification secondaire (capsule postérieure) : phénomène fréquent à distance, donnant l’impression que “la cataracte revient”.
- Intolérance à certains implants : halos, éblouissement, perte de contraste, gêne en conduite de nuit (plus typique avec certains implants multifocaux).
- Évolution d’une pathologie associée : surface oculaire, macula, glaucome, etc.
Avant toute retouche, l’étape clé est une évaluation complète : réfraction, topographie cornéenne, analyse de la surface (sécheresse), mesure de l’implant (position/rotation), examen du fond d’œil, et discussion précise des symptômes.
1) Les retouches “simples” : lunettes, lentilles, optimisation de la surface oculaire
a) Correction optique
Pour des défauts modestes, la solution la plus simple reste :
- lunettes (ponctuelles ou permanentes),
- lentilles (selon tolérance et état de la surface).
C’est parfois la meilleure option, notamment si le défaut est faible ou si l’œil n’est pas un bon candidat à une retouche chirurgicale.
b) Traitement de la sécheresse et de la surface oculaire
Une vision fluctuante, une gêne, une sensation de “voile” peuvent venir d’une sécheresse oculaire ou d’une inflammation de surface, très fréquente après chirurgie :
- larmes artificielles, gels,
- traitement anti-inflammatoire local si besoin,
- prise en charge des glandes de Meibomius,
- optimisation des paupières / blépharite.
Point important : une surface oculaire instable peut fausser les mesures et donner une impression de “mauvaise correction”.
2) La retouche la plus fréquente : le laser YAG (capsulotomie)
Quand ?
À distance de la chirurgie, la capsule postérieure (fine membrane qui supporte l’implant) peut s’opacifier : c’est l’opacification capsulaire secondaire. Le patient décrit souvent :
- baisse progressive de la netteté,
- éblouissement, halos,
- contraste diminué.
En quoi ça consiste ?
On réalise une capsulotomie au laser YAG, un geste rapide au cabinet :
- indolore,
- sans incision,
- récupération en général très rapide.
À savoir
- C’est une procédure très courante et efficace.
- Mais si l’on suspecte une possible nécessité d’échange d’implant, on évite souvent de faire le YAG trop tôt, car une capsule “ouverte” peut rendre l’échange plus complexe. La stratégie se discute au cas par cas.
3) Retouches cornéennes : corriger un résidu de myopie/hypermétropie/astigmatisme
Quand l’objectif est d’affiner la correction (notamment après un implant monofocal ou EDOF), on peut proposer une retouche sur la cornée.
a) Laser excimer : PKR / LASIK (selon profil)
- PKR : souvent privilégiée si cornée fine, sécheresse, ou contexte particulier.
- LASIK : récupération plus rapide, sous réserve d’éligibilité anatomique.
Indications typiques :
- myopie/hypermétropie résiduelle gênante,
- astigmatisme résiduel.
Timing : en pratique, on attend généralement une stabilisation (réfraction + cicatrisation + traitement de surface), avant de retoucher.
b) Incisions relaxantes (astigmatisme)
Pour un astigmatisme résiduel (souvent faible à modéré), on peut proposer :
- incisions arciformes (manuelles ou au laser femtoseconde),
- ajustements ciblés selon l’axe.
Avantage : geste parfois rapide et “sans laser de correction” au sens strict, mais l’indication doit être bien posée et la prédictibilité discutée.
4) Retouches sur l’implant : rotation, ajout, échange
a) Rotation d’un implant torique
Si l’implant torique a tourné (même de quelques degrés), l’astigmatisme peut réapparaître.
La solution : repositionner l’implant (le réaligner sur le bon axe).
- Plus c’est fait tôt, plus c’est simple (l’implant est moins “fibrosé”).
- Indication typique : astigmatisme résiduel significatif + preuve de rotation.
b) Ajout d’un “piggyback” (second implant)
Dans certains cas de correction résiduelle plus importante, on peut ajouter un second implant dans l’œil (selon anatomie et indication), plutôt que de remplacer le premier.
c) Échange d’implant (IOL exchange)
C’est l’option la plus “structurante”, réservée à des situations sélectionnées :
- forte erreur réfractive non corrigeable simplement,
- intolérance à un implant (halos majeurs, gêne nocturne invalidante, mauvaise qualité de vision),
- problème de centrage/position,
- besoin de changer de stratégie (passer d’un multifocal à un monofocal, par exemple).
L’échange se discute en intégrant :
- le bénéfice attendu,
- les risques,
- et le fait qu’un YAG préalable peut compliquer l’intervention (d’où l’importance de la stratégie).
5) Retouches “fonctionnelles” : quand le symptôme n’est pas seulement une question de dioptries
Parfois, la gêne visuelle vient d’un facteur non purement réfractif :
- Dysphotopsies (halos, arcs lumineux, éblouissement) : adaptation, traitement de surface, ajustements optiques ; parfois échange d’implant si invalidant.
- Déséquilibre de vision entre les deux yeux : stratégie de correction (monovision), lunettes transitoires, retouche du second œil, etc.
- Pathologie maculaire ou nerveuse révélée après chirurgie : la retouche ne sera pas forcément chirurgicale, mais plutôt médicale et de suivi.
Comment décide-t-on de la bonne retouche ?
On raisonne souvent en “paliers” :
- S’assurer que la surface oculaire est optimisée (sécheresse, inflammation).
- Objectiver le problème (réfraction stable, topographie, position de l’implant, capsule).
- Choisir l’option la moins invasive qui répond au besoin :
- lunettes / lentilles,
- YAG si capsule opacifiée,
- laser cornéen ou incisions pour résidu réfractif,
- rotation / ajout / échange d’implant si nécessaire.
À retenir
- Une retouche après chirurgie cristallinienne est souvent possible et peut améliorer netteté, confort, vision nocturne ou indépendance aux lunettes.
- Les retouches peuvent être cornéennes (PKR/LASIK/incisions) ou intraoculaires (rotation, ajout, échange).
- La clé est une analyse précise des symptômes et des mesures, avec une stratégie personnalisée.
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